Il fallait s’y attendre, cette édition finlandaise des ISDE est terriblement éprouvante pour les pilotes et les machines. Pour sa première participation aux ISDE, elle qui rêvait de courir cette épreuve mythique, Juliette BERREZ est servie ! Beaucoup de kilomètres par jour, un terrain difficile devenu technique par les averses de pluie, et des temps de liaisons serrés rendent les conditions de course éprouvantes. Après trois journées riches en rebondissements, Juliette BERREZ tient son rang au sein de l’équipe de France, en tête de la coupe du monde féminine.
Lundi 8 août, jour 1 : Juliette dans le grand bain
Dès le premier jour, le décor est planté ! Partie dans la roue de sa coéquipière et capitaine de l’équipe, pour prendre le rythme de la course avec une pilote d’expérience, Juliette va vite déchanter… Ludivine se retrouve bloquée dans un profond bourbier jusqu’à la selle et les deux pilotes perdent beaucoup d’énergie à tenter d’extraire la machine du piège. Juliette doit se résoudre à repartir sans avoir réussi à tirer d’affaire sa coéquipière, mais en ayant déjà grillé quelques cartouches… Les pénalités pleuvent pour les trois Françaises mais la première journée s’achève sur une victoire incontestable de l’équipe tricolore qui prend une avance importante au classement. Juliette occupe même à sa grande surprise la 3e place au général et la première place de l’équipe. Mais la semaine ne fait que commencer, les machines ont déjà beaucoup souffert de la boue et des chutes, les pilotes n’ont pas eu le temps de mécaniquer et il convient de rester humble…

Mardi 8 août, jour 2 : excès de vitesse, pénalités, mais toujours en tête
Après une première boucle sans encombre, les choses se compliquent pour notre pilote avec l’arrivée de la pluie. L’organisation a décidé de rallonger un peu les temps de liaison et a choisi également de dévier une partie du parcours pour les féminines et les teams « club »… sauf pour Ludivine Puy et Juliette BERREZ qui sont déjà passées et doivent ainsi parcourir une boucle que les autres concurrentes ne verront pas ! Les pénalités tombent à nouveau, la fatigue s’accentue et les machines ont encore souffert… Au CH suivant, nous prenons la décision d’arrêter Juliette, visiblement à bout de forces, pour qu’elle s’alimente, récupère et puisse remettre en état sa 125 EN. Dans une chute, la pédale de frein, pourtant meulée et arrondie, est venue percer le carter d’embrayage. On peut apercevoir le plateau par l’orifice et il faut agir. Du côté de ses coéquipières, ce n’est pas de tout repos non plus. Ludivine, dont la moto a roulé sans eau la veille, doit intervenir sur le moteur de sa machine. Elle s’est également sérieusement blessée à un orteil en tapant un rocher et a terminé dans la douleur. Blandine, elle, a pu bénéficier de la déviation et termine sans souci la journée. Comme si cela ne suffisait pas, Juliette a également eu des sueurs froides en étant contrôlée par la police locale en excès de vitesse. Les forces de l’ordre finlandaises ne plaisantent pas avec le sujet et plusieurs pilotes (et non des moindres) ont déjà fait les frais de leur sév&eacut e;rité en se faisant retirer sur le champ leur permis de conduire, sans lequel ils ne peuvent plus participer à la course ! Par chance, la police a fait preuve de clémence avec Juliette et l’a laissée repartir… Mardi soir, il était question que le jury annule les pénalités de Juliette et Ludivine écopées dans le CH où elles ont été dirigées par erreur. Dans tous les cas, la France reste alors en tête avec au minimum une avance confortable de près de 53 minutes.
Mercredi 10 août, jour 3 : un peu de répit
Le sable tant attendu est enfin là. Les liaisons sont plus faciles et Juliette a pointé à l’heure partout, arrivant même en avance au CH, tout comme ses coéquipières. Elle a ainsi pu souffler un peu, s’alimenter correctement, et prendre le temps de s’occuper sérieusement de sa moto. Comme nous le pressentions la veille, la Finlande n’est plus en course (même si l’équipe apparaît toujours au classement sur le site internet) et l’Australie est la seule nation encore en lice, à plus d’une heure. Il reste trois jours de course et l’équipe de France féminine a désormais pour mission de rentrer au paddock tous les soirs, de ménager physiques et mécaniques pour ramener un nouveau titre…