L’équipe de France féminine revient une nouvelle fois – la 4e consécutive – avec le titre de championne du monde d’enduro. En tête dès le 1er jour avec une confortable avance, les filles ont dû néanmoins se battre pour aller au bout de ces ISDE. La difficulté du parcours, les conditions météos, les aléas de la course n’ont pas épargné les pilotes. Pour sa première participation, Juliette Berrez a tenu son rang et participé activement au triomphe de l’équipe. Retour sur les derniers jours de cette semaine de compétition et impressions.

Les trois premiers jours n’ont pas ménagé Juliette Berrez qui est allée au bout de ses forces dès le début de la course. Les trois derniers n’ont pas été plus faciles. Le sable, les liaisons et les spéciales épuisantes, la pluie incessante, les conditions de course ont été à l’image du début de la semaine : dures ! Le jeudi, la pluie a transformé certaines spéciales en lacs dès le 2e passage. Plus tard, dans le sable, les pilotes disparaissent presque intégralement dans les trous qui se sont formés… Heureusement, l’organisation assouplit les temps de liaison et les filles pointent à l’heure. Le vendredi, l’équipe roule groupée et appliqu e à la lettre les consignes : rentrer au paddock tous les soirs et ne pas chercher à faire d’étincelles. La mécanique est réduite à sa plus simple expression : un peu de préventif, graissage et tension de chaîne, changement de pneu et plaquettes mais, heureusement, la 125 EN n’a eu aucun souci. L’avance au classement s’est encore accrue, tout le monde commence à croire à la timbale… Le samedi, sept filles prennent le départ du cross final qui se présente comme une formalité pour les Françaises. Il suffit de terminer, peu importe le classement, mais surtout de ne pas prendre de risques. Pourtant, chacune à sa place va batailler ferme jusqu’au drapeau à damiers, synonyme de 4e titre consécutif pour l’équipe féminine ! Avec plus d’une heure d’avance sur les Finlandaises, les Françaises ont une nouvelle fois démontré leur suprématie.

Juliette Berrez : « Une semaine magique ! »

« J’ai toujours rêvé de participer à cette course mythique. Alors, franchir le drapeau à damiers avec le titre, c’est juste magique. Je me suis régalée toute la semaine, la course m’a beaucoup plu même si j’en ai bavé et que j’ai connu des moments très durs… Et puis l’esprit d’équipe est quelque chose de particulier. L’enduro est un sport individuel et pour une fois, on parvient à partager avec d’autres pilotes. L’équipe a été extra avec moi, les filles m’ont beaucoup aidée, et je suis heureuse d’avoir été utile, de ne pas avoir fait le joker tous les jours ! J’ai bien sûr énormément de monde à reme rcier, sans qui je n’aurais pas pu vivre cette belle aventure. Fred Di Giambattista, mon manager, qui a pu être à mes côtés. Heureusement, car pour la mécanique, j’étais tellement fatiguée qu’il devait même me dire dans quel sens visser ! Il était le cerveau et moi les bras. Blague à part, je n’y serais pas arrivée sans sa présence. Je pense aussi à Thomas Riand, importateur TM, et Alain Salles, concessionnaire, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour nous permettre de préparer une 125 à la dernière minute. Merci pour tout ! »

Le bilan de Fred Di Giambattista, manager heureux
« Cette édition des ISDE ne restera pas dans les annales du point de vue du tracé, peu intéressant mais très évolutif. C’est la grande particularité de la Finlande : le terrain change très vite et ce qui paraissait inoffensif en repérage s’avère redoutable après le passage de 350 motos ! Du point de vue technique, la 125 est finalement un très bon choix, même dans ces conditions éprouvantes. Nous savions exactement quelle préparation faire, notamment grâce à l’expérience de notre pilote Alban Dauphin qui a roulé une saison en 125 l’année dernière. La machine n’a eu aucun problème et la casse s’est résumée à des leviers, un protège mains et un carter d’embrayage percé par la pédale de frein dans une chute ! Pourtant les interventions mécaniques ont été réduites au minimum pour ménager Juliette, qui était épuisée. Côté fiabilité, c’est positif. Enfin, sur le plan sportif, je ne peux être qu’heureux du résultat. Juliette a rempli sa mission à la perfection ! C’est une merveilleuse récompense… Cette course n’était pas prévue dans notre planning et la sélection de dernière minute de Juliette nous a bousculés pour tout préparer dans un délai très court. Cela n’a pas été simple et sans l’implication de mon associé, Thomas Riand, et du concessionnaire Alain Salles, de Cathar Bike, notre participation était impossible. Merci à eux, ce titre est aussi le leur ! Nous n’avons pas fait tout ça pour rien ! Enfin, je remarq ue que la France est actuellement la seule nation à pouvoir aligner une équipe féminine capable d’aller au bout de ces Six jours et à disposer d’un vivier de pilotes important. »